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16/06/2022 santé

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Le Passage des Ambassadeurs

Proche de la douane de Moillesulaz, à l’angle du Foron et d’un bief à l’époque asséché, cet ancien moulin à écorces, propriété d’Irène Gubier, a la particularité d’avoir une entrée en France alors qu’une porte sur son mur ouest s’ouvre sur la commune suisse de Thônex. Le Foron est ici entièrement français, la frontière se situant sur la rive genevoise. On y accédait depuis la France par un petit pont sur le Foron, toutefois afin de bénéficier entièrement du flot du bief, son mur arrière devait s’appuyer sur la rive suisse. Ce passage avait déjà été utilisé par le deuxième bureau français pendant la Première Guerre mondiale.

André Devigny, agent principal des réseaux Gilbert du colonel Groussard, utilise pour la première fois lors du second conflit mondial le 9 janvier 1943 cet important point de passage hautement surveillé. Si les réfugiés civils tentent de rejoindre la Suisse à travers les barbelés au fond du jardin ou passent par la terrasse de la buanderie contiguë et sautent d’une hauteur d’environ deux mètres pour se retrouver en Suisse, le passage à travers la maison, « le passage des Ambassadeurs », semble avoir été réservé à la Résistance et aux services de renseignements. Dans « Chroniques des années brunes à la frontière genevoise », Jean-François Pierrier mentionne qu’un ordre des autorités fédérales interdisait les barbelés le long du mur du bâtiment.

Fin 1941, Irène Gubier, âgée de 43 ans, se met au service de la Résistance. Grâce à la situation exceptionnelle de sa maison elle transmet des courriers et aide à exfiltrer des personnes recherchées. Elle est rejointe par son amie Marguerite Marmoud. Les deux demoiselles sont surnommées les Violettes.

Marguerite Marmoud reçoit à Annemasse les agents de renseignement à faire passer en Suisse, généralement conduits chez elle par le gendarme Curtet, puis les accompagne chez Irène Gubier. Cette dernière les mène à l’arrière de la maison et ouvre la porte donnant sur la Suisse.

Le 17 janvier 1944, les Violettes sont arrêtées par le Sicherheitsdients et incarcérées à la prison du Pax à Annemasse. Torturées, elles passent par différentes prisons avant d’être déportées le 13 mai 1944 à Ravensbrück, puis versées dans des commandos de Buchenwald.

Malgré son âge, Irène Gubier s’accroche à la vie et survit au terrible régime des camps de concentration. Marguerite Marmoud, plus âgée, ne revient pas. A la Libération, Irène Gubier pèse 33 kilos. Citée à l’Ordre de la Nation, officier de la Légion d’Honneur, elle est titulaire de nombreuses médailles, dont la Médaille de la Résistance et la Croix de Guerre. Elle mourut le 26 avril 1995, à l’âge de 97 ans.

Texte: Claire Luchetta